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Les chansons des rues de Valpo, ont le même parfum chilien...

Las canciones de las calles de Valpo tienen el mismo olor chileno...

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(Une placette redécorée par les habitants)

Renaud a continué a me faire découvrir la ville. Valparaiso se divise en deux parties : el plan (prononcez « plane ») qui est comme son nom l'indique la partie plate de la cité, le long de la mer. C'est la partie de la ville où l'on trouve les grands magasins, les grandes avenues, les infrastructures portuaires, les facs, les administrations (dont le Congrès National qui se trouve ici aussi), les bars et boites de nuit, les restos, les transports en commun ou individuels, etc. C'est aussi dans cette partie qu'ont lieu les manifs... C'est le Valpo grande métropole chilienne, loin de l'image que je m'en faisais. Mais c'est pas plus mal de sortir des clichés et de se rendre compte que ici aussi, y'a pas de raison, les gens bouffent au Mc Dead, vont dans d'énormes complexes de ciné et font leurs courses au Oual-Marth.

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(A deux rues de la coloc')

La deuxième partie de la ville est complètement différente : les cerros (collines) de la ville dégagent une ambiance toute autre, beaucoup plus posée. C'est le Valpo dont l'image nous parvient à travers nos grosses lunettes mal taillées de touristes occidentaux. C'est la ville des petites rues, des murs peinturlurés, des maisons multicolores et des escaliers. C'est là que les gens vivent. On y croise les pépés assis sur les bancs qui vous inspectent des pieds à la tête avec leurs yeux fatigués, et les enfants qui jouent à la balle non pas dans la rue mais contre elle, vu le dénivelé de la pente à certains endroits (d'ailleurs on se demande parfois à partir de quel moment une rue devient un mur et vice versa). La sociographie des cerros est assez vite faite : plus on monte, plus les gens sont pauvres, moins c'est sûr de s'y promener avec son super appareil photos qui vous fiche à 500 metres, mais plus c'est joli aussi : la vue sur la baie devient imprenable. L'avantage d'être ici avec Renaud, c'est qu'on a pu sortir un peu des sentiers battus (c'est le cas de le dire) car ayant vécu ici durant un an, il connait bien les rues et les escaliers, ainsi que les codes et le langage, ce qui est assez essentiel pour ne pas tomber dans les pièges à touristes. On a donc quitté les cerros touristiques pour monter un peu plus haut, prendre du recul sur tout ça.

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("Crève enfoiré de flic")

Ici, les rues et les murs sont un espace d'expression, à la fois artistique, mais aussi politique, ou pas. C'est de la vrai réappropriation de l'espace public, quoi... Du coup pour un Chilien lambda, ça doit être marrant de voir un Français s'étonner devant toutes ces couleurs, ces peintures, ces phrases et ces dessins. Je ne voulais pas voir la ville à travers mon appareil et passer mon temps derrière un gadget qui m'aurais coupé des gens. Du coup j'ai choisi de ne pas toujours l'avoir sur moi lors de nos ballades, car effectivement, quand il est dans la poche, il apparaît difficile de l'y laisser longtemps tant les couleurs méritent de s'y arrêter. Ce choix est pas forcément évident car il suscite des regrets à certains moments où l'impulsion artistique nous prend, mais je ne le regrette pas car il est aussi libérateur...

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(Renaud face à la mer et à Valpo - Dunes de Concon)

Après les ballades intra Valpo, voir la ville d'un autre angle, plus extérieur, s'avère nécessaire. C'est ainsi qu'une petite ballade dans les dunes de Concon, d'où l'on voit toute la baie de Valparaiso, permet à la fois de prendre l'air, mais aussi de voir à quel point l'urbanisation est ici aussi un enjeu économique, social et écologique assez important. Le paysage est superbe. C'est un énorme tas de sable dans lequel on se croirait dans le Sahara si capitalisme et libéralisme débridés n'avaient pas poussé à la construction d'énormes immeubles destinés aux bourgeois de Santiago et aux touristes occidentaux. J'ai soigneusement écartés ces derniers du champ de l'appareil photo, pour mieux faire vivre le mythe. Néanmoins on se doit de rappeler, à la vue de ces paysages, que ces derniers ne pourront être préservés qu'en remettant profondément en question nos modes de vie et plus globalement notre système. La critique de celui-ci est nécessaire même si elle émane d'agents pas forcément les mieux placés, ou placés du bon côté de celui-ci, pour la faire. La société chilienne est bel et bien une société profondément meurtrie par de nombreuses années de politiques néo et ultra-libérales...

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Hasta luego Valparaiso !

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F
le 8 juillet 2011<br /> Salut Bertrand,<br /> Joli et sympa ton site, continues à nous faire partager ton expérience. Nous pensons bien à toi qui est loin des yeux, mais pas du coeur. Bises, Martine et Francis.
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